Echap, recueil de nouvelles et d'illustrations publié en 2010 par l'Université Paris IV-Sorbonne, invente l'histoire répétée d'une femme en hors-champ.
Intimité, l'une des nombreuses nouvelles de Céline Bernard, a été sélectionnée pour ce recueil :
Entretien avec Céline Bernard
Julien Soulier : Depuis combien de temps écris-tu et quoi ?
Céline Bernard : J'écris vraiment « sérieusement » depuis quatre ans. J'ai commencé à écrire plus tôt, sans réellement finir quoi que ce soit, plutôt des fragments, avec l'appréhension de l'écriture. Cela maintenait le désir, l'envie, mais cela n'était pas véritablement dans le « faire », jusqu'il y a quatre ans.
J.S. : As-tu un « cadre » privilégié : nouvelle, texte en fragments ?
C.B. : Je m'oriente vers la nouvelle et le roman essentiellement, sachant que les constructions peuvent ensuite être fragmentaires.
J.S. : Y vois-tu des frontières bien déterminées ou les limites sont-elles plus souples ou encore élastiques ?
C.B. : Les limites sont souples, certains textes peuvent devenir des nouvelles et le rester, ou au contraire devenir ensuite des romans. Selon ce qui va s'écrire, la matière du texte, la forme va s'écrire en parallèle.
J.S. : Quelles étaient les contraintes d’écriture d’Intimité ?
C.B. : C'est une photo qui a guidé l'écriture d'Intimité. L'appel à textes lancé par le Master Edition de la Sorbonne avait défini cette contrainte, à savoir que les productions, qu'elles soient écrites ou photographiques, avaient comme point de départ la photo d'une femme derrière une vitre. En même temps, le projet faisait appel au hors-champ, à tout ce qui peut s'imaginer en dehors du cadre de la photo, à ce que l'on ne voit pas, et par conséquent la contrainte restait assez souple, tout en stimulant l'imaginaire, pour moi en tout cas.
J.S. : Par quel biais as-tu été choisie pour ce recueil ?
C.B. : Les éditeurs en herbe du Master Edition de la Sorbonne ont recueilli l'ensemble des propositions et ont ensuite fait leur travail d'éditeurs, ils ont lu, trié, sélectionné, et c'est par ce biais qu'ils m'ont ensuite contactée pour m'annoncer que mon texte avait été retenu.
J.S. : L’humiliation est-elle une de tes obsessions et si oui, pourquoi ?
C.B. : Il est vrai que ce thème apparaît dans plusieurs de mes textes. Je n'ai pas décidé d'écrire a priori sur cette thématique, il se trouve qu'elle est apparue assez présente dans mes écrits. Cette question m'intéresse, oui, mais elle n'est pas pour autant centrale, car je souhaite explorer d'autres voies, qui a priori me semblent s'en éloigner. Ceci dit, peut-être qu'elle réapparaîtra sous d'autres formes...
J.S. : Quels sont tes thèmes de prédilection ?
C.B. Les questions d'identité m'intéressent beaucoup. Les failles m'intéressent aussi, cela rejoint d'ailleurs le thème de l'identité, les failles et ce qu'elles produisent dans le quotidien, les basculements, la folie, la violence qui se révèle d'un coup.
J.S. : Ecris-tu aussi du théâtre ? Si oui, qu’est-ce que ce cadre te procure que tu ne trouves pas dans d’autres formats ?
C.B. : Non je n'écris pas de théâtre, tout du moins pas dans sa forme traditionnelle, avec des dialogues entre des personnages. Ce sont plutôt les monologues qui m'intéressent et qui peuvent parfois s'adapter à la scène, mais je ne pense pas le texte en fonction d'une forme théâtrale ou de la scène.
J.S. : Quelles sont tes actualités, tes projets ?
C.B. : Un projet de site qui a pour objectif de travailler sur la mémoire, l’accumulation, à partir du regard posé chaque jour, chaque semaine sur le quotidien, la vie qui nous entoure.
Une sorte de journal, d’éphéméride, de regard sur le temps qui s’écoule, les traces, les empreintes qui restent…
Et puis un autre projet autour du thème du Labyrinthe qui en est aux prémisses…