Dans le premier épisode de A la Rescousse de Nostre Beyle Langue Françoise (Fluide Glacial n°383, mai 2008, pp.59-66), SUPERDUPONT, dessiné et écrit par Solé, Gotlib et Lefred-Thouron (ici p.60), a du pain sur la planche pour remédier à la faillite grammaticale et orthographique de ce que l'on peut entendre ou lire sur les panneaux et autres plaquettes commerciales, de rue en rue, de ville en ville. Bien sûr, et plus sérieusement, je n'apprends rien aux professionnels de la communication, dont - normalement ; les autres pouvant me contacter quand ils le souhaitent - tout gérant de n'importe quel commerce, qu'il y va purement et simplement de leur image de marque, et donc de leur longévité.
Loin de moi l'idée de lancer un haro sur les nouvelles technologies, mais même dans cette société de consommation devenue société d'urgence devenue société de l'immédiat, où peuvent bien donc être passées les phrases qui remplissaient jadis nos coeurs ? Ah nostalgie du verbe, quand tu nous tiens ! Je ne veux pas croire que nos portables abrègent aussi bien nos souffrances que nos amours ! Une vraie lettre, ça vous dirait ? Comme vous n'avez plus le temps, recréez au moins de l'espace pour vos émotions...
Pas la peine non plus d'attendre la seconde moitié du XXIe siècle dépeint par Edgar P. Jacobs en 1962 dans Le Piège diabolique (ici p. 27) pour trouver un écho - aussi éloigné soit-il - de ce que la négligence des institutions pourrait nous faire subir. Oui à la simplicité, non à la complaisance !
De même, nous n'en sommes peut-être pas encore là non plus, mais je salue encore l'initiative anticipatrice de Solé, Gotlib et Lefred-Thouron (op. cit., p.59) quand ces auteurs talentueux nous plongent en pleine science-fiction humoristique - pour l'instant - en s'en prenant aux médias de gauche comme de droite pour révéler au grand jour ce qui nous pend au nez si nous n'y prenons garde : la perte totale de reconnaissance et d'idendité aux yeux de tous lecteurs.